Question : Pourquoi nos piétons empruntent-ils la chaussée réservée et spécialement aménagée pour les voitures et les deux roues ? Ils marchent en traversant dans tous les sens, souvent en groupuscules, vous lancent un regard torve et méprisant si jamais vous touchez à votre klaxon et ralentissent le pas pour vous provoquer, ont-ils vraiment le choix à Témara puisque les trottoirs sont encombrés. Un jour, un automobiliste sortant de Hay El Firdaouss, au coin de la Société Générale Marocaine de banques, s’arrête pour remonter obligatoirement vers Massira II…c’est devenu à la mode maintenant de vous envoyer en balade malgré vous…car il est interdit de traverser le boulevard Moulay Ali Echerif après son récent réaménagement qui vous contraint à une rallonge de 500 mètres( voire plus sur d’autres axes) pour faire demi-tour, comme si le carburant était servi gratos dans nos stations et si d’aventure vous tentiez de couper la bande continue, sachez que l’agent du rond-point ne guette que ça…le conducteur se voit alors bloqué par quatre jeunes se rencontrant au milieu de l'intersection de la rue et de l'avenue, et sans se soucier d’autrui, engagent la discussion ; cela dure ; notre automobiliste finit par perdre patience et klaxonne par à-coups; des gens s’arrêtent et le chahut commence puis d’autres viennent : les curieux, les assoiffés de faits divers, ceux qui se précipitent de la rive d’en face, la clientèle du café se dressant telle une classe d'école à la rentrée du maître, les transporteurs qui fourmillent dans le coin face à l'Agence bancaire… devenue station routière clandestine par laxisme des autorités : des chauffeurs de camions, de petits Honda et de pick-ups, en attendant toute la journée le rare client, s’attroupent pour jouer aux cartes et faire la sieste sur le trottoir de l'Agence en question et devant le kiosque à journaux, gênant la clientèle et admonestant les passants et passantes ; précisément deux petits espaces particuliers ne sont pas épargnés : aménagés fièrement en coins verdoyants il y a peu de temps, par ordre du préfet fraîchement nommé, à la parade, ils sont oubliés depuis lors sans aucun entretien, jusqu’à devenir par négligence de vrais dépotoirs, utilisés même par des riverains et des commerçants peu soucieux de la propreté de leur voisinage et de la santé des enfants et des personnes fragiles ; situation similaire dans tous les quartiers populaires de Témara, sauf l'Axe Côtier ( quoique des ralentisseurs sont nécessaires entre l'entrée de Harhoura jusqu'au rond point de Guy-Ville afin d’éviter de nouveaux accidents tels que cet été à la fin des travaux) et l’Axe du centre ville, les vitrines de Témara. Après de maintes et vaines protestations auprès du préfet, du pacha et du caïd lors des réunions pour trouver une solution à ces transporteurs, privilégiant la négociation avec les responsables, le président de l’O.N.G Fadaate, Maître Rachid SOROURI a dû intervenir auprès de ses membres pour éviter qu’ils ne manifestent publiquement leur mécontentement; les habitants, les commerçants et le responsable de l'Agence bancaire ont déposé des plaintes écrites auprès du Président de la commune, membre du P.J.D., dans l'espoir de chasser ces envahisseurs venus d’Aïn Aaouda, Sidi Yahia, Mers El Kheir et de Massira II et des bidonvilles, dégrader l'atmosphère urbaine de Hay El Firdaouss et l'avenue Moulay Ali Chérif…Aucune suite n’a été donnée aux doléances. Le Président ne craint-il pas avant tout de faire perdre à son parti quelques électeurs en 2007 ? Souhaitons qu’à la lecture de cet article, les consciences dirigeantes s’éveillent en donnant satisfaction à toutes les parties…encore fort occupées à dépenser l'alléchant budget
doté « au service du développement humain » décrit dans la plaquette de présentation de la Préfecture et dont la préface débute avec deux extraits des discours de S.M. le Roi Mohammed VI, que Dieu le bénisse et l’assiste, prononcés le 18 mai 2005 et le 20 août 2005 et dont voici la teneur :
«…De manière générale, Nous appelons le gouvernement à adopter une démarche d’écoute et de concertation avec les forces vives de la nation, en l’occurrence les partis politiques, les syndicats, les collectivités locales, les organisations de la société civile et le secteur privé, mais aussi les citoyens avisés ayant à cœur de s’impliquer dans l’action de développement. »
« …Que ce soit au plan central, gouvernemental et parlementaire, ou au niveau des institutions, des autorités et, notamment, des acteurs locaux, provinciaux ou régionaux, l’action doit être fondée sur la décentralisation, la déconcentration, le travail de proximité et la bonne gouvernance, de sorte que cette initiative ambitieuse soit un modèle du genre en matière de développement intégré. »
nous souhaitons que ces Sages Paroles nous incitent ensemble à suivre honnêtement la Voix Royale qui S’ouvre à nous, en loyaux sujets éclairés, attentifs au maintien de ce cap et solidaires dans l’action.
Illustration sur le plan local : en faisant souffrir tout le monde, en s’installant de leur plein-gré au nouveau centre-ville de Témara, les camionneurs balayent leurs déchets, font la vidange d’huile eux-mêmes sur place et jettent les bidons, les bouteilles de vin et des cannettes de bière vides, sur la chaussée et les trottoirs, les fuites de gasoil ramollissent le bitume fraîchement refait pour finir par y former des trous; ils ont même déterré, par rancune, les plantes et la clôture du petit jardin face à la banque, obtenu et réalisé grâce à l'O.N.G, qui les a délogés promptement de la parcelle où ces transporteurs stationnaient ; ils y faisaient leurs besoins naturels dans des sacs plastiques déposés sur place, urinaient par terre, le tout dégageant des odeurs pestilentielles, et évitaient d’utiliser les toilettes des cafés voisins par peur de perdre le client invisible. Le siège communal refusait alors de transformer le lot figurant sur le plan directeur de la ville, en jardin( serait-ce dans la tentation de le vendre pour un prix dérisoire à un tiers convenant, comme ce serait souvent le cas pour le reste des lots du domaine public… ?). Actuellement le siège communal refuse de poser un muret autour dudit jardin pour le protéger et lui donner meilleur aspect; il est soigné et entretenu par des habitants du quartier depuis maintenant trois ans…et à supposer que l’eau ne coûtait rien, le camion citerne de la commune passe fréquemment à côté sans l’ordre d’arroser ! Grâce à ces citoyens attentifs, le petit jardin est partiellement sauvé du délabrement... l’automobiliste se voit briser son pare-brise par les quatre jeunes qui s’esquivent parmi la foule et disparaissent dans la nature, sans suite pour leur méfait. Coût pour la victime: 1570 DHS; seules quelques voix provenant de la foule résonnent dans sa tête pour le consoler : «ALLAHOUMMA INNA HADA MOUNKAR, WA LEKHLIFA AALLAH A KHOUYA ! » Fin de l’histoire.
L’avenue Moulay Ali Echerif n’a pas été récemment restructurée dans les normes conventionnelles du code de la circulation : absence de panneaux de signalisation, retrait du terre-plein central séparant les voies de circulation … par décision du préfet, manifestement inconscient des dangers encourus par les usagers…, pas de passages-piétons, la traversée des personnes âgées est impossible, beaucoup d'écoliers risquent leur vie matin et soir ; en conséquence, les piétons exposés aux voitures et aux bus qui doublent parfois en troisième position, deviennent les victimes de nombreux accidents; l’avenue fait office de champ de course pour les taxis blancs surnommés les ‘’cascadeurs’’; tandis que les petits taxis roulent plus sagement, sans compteurs, satisfaits de leurs courses, le tarif étant à l’appréciation du chauffeur qui généralement abuse provoquant des altercations avec les clients . L’équipement en taximètres pourrait être une solution équilibrée indispensable pour les usagers et dans le cadre de l’émancipation de la ville : ’’Témara ne sera plus celle d’hier’’. Cependant, on y vit encore dans l’anarchie et l’insécurité : les commerçants, les petits magasins de détail, les snacks avec grills et friteuses, certains cafés, les menuisiers, les garnisseurs, les mécaniciens, les carrossiers… dont une fraction travaille n’importe où, avec ou sans garage alors que les produits de peinture automobile sont très nocifs… tout ce monde occupe les trottoirs, les moindres espaces libres et lèsent la population. Ces trottoirs annexés en toute illégalité profitent à des racketteurs officiels agissant aux noms d’autres sans que ces derniers ne le sachent vraiment, cas singulièrement caractéristique de Hay El Firdaouss. Des propriétaires de Massira II se sont appropriés les trottoirs de leurs maisons, d’autres les ont aménagés en garage pour leur voiture ou en petit jardin pour embellir leurs habitations, avec murs, grillages et portes métalliques; dans d’autres rues, le passage des véhicules est rendu impossible par les marchands ambulants avec leurs charrettes et d’autres qui étalent leurs marchandises à même le sol et sur la chaussée ; en cas d’urgence, aucun véhicule de secours ne pourra circuler. D’autres piétons préfèrent marcher plus confortablement sur la route plutôt que sur des trottoirs en terre battue, irréguliers ou mal dallés, souvent construits par les propriétaires eux-mêmes, à leurs frais malgré eux, sachant que les dallages et les pavages sont du ressort de la commune. Les revendications de nos citoyens seront-elles prises en compte par les responsables ? Les trottoirs doivent être libérés des individus qui nuisent à la santé des habitants et des passants, et qui doivent déguerpir des lieux publics ; ceux dont l’activité des magasins n’est pas compatible avec leurs surfaces devront, soit louer plus grand, mais sûrement pas au loyer d’un petit local agrandi, ou cesser cette occupation sauvage de l’espace public; les calèches, souvent conduites par des gamins, gênent énormément la circulation, ne respectent aucune règle du code de la route et doivent être remplacées par des taxis sérieux et honnêtes, ‘‘l'époque des diligences’’ est révolue ; les excréments de chevaux au moment même de leur expulsion sur la chaussée dégagent des effluves écœurantes et certaines personnes sensibles en vomissent. Les trottoirs des rues et ruelles de toutes les plages sont aussi à dégager et à réparer, spécialement avant la saison estivale où les accrochages entre automobilistes et piétons se multiplient ; parfois, ce sont des vacanciers étrangers qui protestent et c'est un mauvais point pour notre tourisme.
En ordonnant un réaménagement tangible des trottoirs à travers tout le Royaume, du travail sera donné à bon nombre de chômeurs et un grand service sera rendu à notre nation et à notre descendance qui pourra y voir une leçon d’urbanisme, de modernité et de respect entre nous.
« Ce n’est qu’avec des cités concrètes qu’on civilise une population »